Les Liaisons Dangereuses, un roman sulfureux au programme du baccalauréat…
Mais qui a réellement lu cet ouvrage ? Qui sait que ce roman à la réputation galvaudée n’est pas un écrit érotique, mais bel et bien la critique acide d’une époque hypocrite ? Ce grand texte de la littérature française s’offre à nous, dans une mise en scène audacieuse, faite pour les terrains multisports ou les petits gymnases.
Les spectateurs sont invités à assister à l’ultime match de la carrière libertine de Merteuil et Valmont. Ces dieux du stade médiatisés et starifiés par un présentateur aussi cynique qu’indécent, vont offrir au public ce qu’il y a de plus attrayant, ce qu’il y a de plus séduisant : Leur intimité.
Au-dessus du commun des mortels, ces deux héros modernes entendent prouver la supériorité de leur esprit libre, en accomplissant sous les yeux ébahis du public, leurs folles machinations machiavéliques. Affranchis de toute valeur morale, Merteuil et Valmont vont se mettre en scène et jouer la comédie, pour mieux assujettir leurs proies qui attendent sur la touche. Ils excellent dans l’art de la représentation. Leurs vies, menées comme un spectacle, n’ont de sens que sous les feux de la rampe et les applaudissements du public.
Observons la femme, agir masquée dans la nuit de l’hypocrisie imposée par l’inégalité des sexes et questionnons l’évolution (?) de la parité homme/femme.
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J’ai embrassé une tranche de vie avec un Valmont et une Merteuil modernes. Ils étaient mes amis. Ils me faisaient confiance. Ils me donnaient à entendre leurs pernicieuses stratégies amoureuses et à voir l’accomplissement de leurs projets tordus. J’étais au spectacle.
J’ai lu à la même époque Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos et j’ai failli me demander comment un auteur du siècle des lumières avait pu plagier leur histoire et la transposer à reculons ! Presque tout était identique : les paris, les défis, les gages et le risque, la difficulté, le danger, la frénésie et la fièvre. Ils avaient tous les quatre (Valmont, Merteuil et mes deux amis) un besoin incontrôlable de goûter tout le monde.
Cependant je notais que Valmont comme mon ami, était admiré et jalousé par son entourage, en revanche la jeune femme, elle, était méprisée et vilipendée. Merteuil, bien plus fine, avance masquée pour se protéger des regards moralistes et accusateurs.
Je me suis dit : Merde alors ! Les Chiennes de Garde ont encore du boulot !
Et pourquoi une scénographie urbaine ?
parce que la ville est comme un Grand Magasin de scénographie
parce que c’est absurde de faire construire un faux terrain multisports alors qu’il en existe partout de véritables
parce que j’utilise ce qu’il y a là, sous mon nez, à mes pieds, devant mes yeux
parce que je cherche le bien commun, le collectif, le déjà là, l’existant, le strict nécessaire
parce que le toc c’est moche
parce que le ici et maintenant est encore plus ici et maintenant dans la vraie vie
parce que les passants passent, s’arrêtent
parce qu’il fait bon vivre exposé au tout venant
parce que les installations publiques c’est du solide
parce que j’aime voyager léger
parce que les vestiaires sont plus érotiques que les loges
parce que j’aime voir les yeux des gens
parce que l’art est dans la rue
parce que la ville est un peu à moi, à nous, non ?
Edith Amsellem
